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  • Photo du rédacteurJean-Christophe DIMINO

Conséquences de la hausse des taux de crédit

Dernière mise à jour : 23 juin 2023

Le marché pourrait à terme être déstabilisé par la baisse du pouvoir d'achat immobilier.

La France fait face à une situation inquiétante pour les emprunteurs immobiliers, avec une hausse significative des taux de crédit. Cette tendance à la hausse, qui s'observe depuis plusieurs mois, affecte non seulement les nouveaux acheteurs, mais aussi les propriétaires souhaitant vendre pour acheter, voire ceux qui souhaitaient renégocier leurs prêts en cours. Analysons les facteurs à l'origine de cette hausse et les conséquences potentielles sur le marché immobilier.

Les taux d'intérêt ont atteint des niveaux historiquement bas au cours des dernières années, permettant à de nombreux ménages d'accéder à la propriété ou de renégocier leurs crédits existants à des conditions favorables. Cependant, cette période de taux bas semble toucher à sa fin, et les taux de crédit immobilier ont commencé à grimper en 2022 , passant de 1% à plus de 3% en l'espace d'une année. Tout cela laisse présager des répercussions sur le marché. Plusieurs facteurs contribuent à cette hausse des taux. L'augmentation des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE), qui cherche à contrôler l'inflation et à normaliser sa politique monétaire. Les taux directeurs influencent directement les taux d'emprunt pratiqués par les banques, et une hausse de ces derniers se répercute inévitablement sur les taux de crédit immobilier.

De plus, les incertitudes économiques mondiales, comme les tensions commerciales, les fluctuations des marchés financiers et les crises géopolitiques, contribuent à l'instabilité économique. Les banques, cherchant à se protéger contre les risques accrus, peuvent augmenter les taux d'emprunt afin de préserver leur rentabilité. Ces hausses successives des taux de crédit immobilier ont déjà des conséquences sur le marché immobilier français. Les primo-accédants se retrouvent confrontés à des mensualités plus élevées, rendant l'achat d'un logement plus difficile. Les ménages ayant déjà souscrit un prêt immobilier à taux fixe sur une longue durée peuvent également être affectés, car ils voient s'amenuiser leurs chances de bénéficier de taux plus avantageux lors d'une renégociation. Concrètement, un propriétaire qui avait emprunté à moins de 1% il y a quelques années sera moins enclins à revendre son bien pour en acheter un autre à des conditions qui auraient triplé ou quadruplé, affectant lourdement sa capacité de remboursement.

Cette hausse des taux risque d'avoir à moyen terme un impact sur les prix de l'immobilier. Si les taux continuent de grimper - au delà des 4% en 2023 selon certaines prévisions - les acheteurs potentiels pourraient se montrer plus réticents à investir dans le marché immobilier, ce qui entraînerait fatalement une forte baisse de la demande et une correction à la baisse des prix.


Conséquences sur le budget d'un ménage

  1. Augmentation des mensualités : Lorsque les taux de crédit immobilier augmentent, les mensualités de remboursement du prêt augmentent également. Par exemple, si un ménage avait initialement contracté un prêt immobilier de 200 000 euros sur 20 ans avec un taux de 2%, les mensualités s'élèveraient à environ 966 euros. Si le taux augmente à 3%, les mensualités augmenteraient à environ 1 123 euros, soit une hausse de près de 16%.

  2. Réduction du pouvoir d'achat immobilier : Une hausse des taux de crédit peut limiter le montant que le ménage est en mesure d'emprunter pour l'achat d'un bien immobilier. Par exemple, si le ménage disposait d'un budget mensuel pour les mensualités de 1 200 euros, avec un taux de 2%, il pourrait emprunter environ 250 000 euros sur 20 ans. Cependant, si le taux augmente à 3%, le montant maximal empruntable serait réduit à environ 220 000 euros, soit une diminution de 30 000 euros.

  3. Allongement de la durée du prêt : Face à une hausse des taux de crédit immobilier, certains ménages peuvent être contraints d'allonger la durée de leur prêt afin de maintenir leurs mensualités à un niveau abordable. Par exemple, si un ménage avait initialement prévu un prêt de 200 000 euros sur 15 ans avec un taux de 2%, mais que le taux augmente à 3%, il pourrait être contraint d'allonger la durée du prêt à 20 ans pour maintenir les mensualités stables.

Face à cette situation, les emprunteurs doivent être prudents et bien se renseigner avant de contracter un crédit immobilier. Comparer les offres proposées par différentes banques et négocier les conditions sont des étapes essentielles pour obtenir le meilleur taux possible. Par ailleurs, il est recommandé de prévoir une marge de manœuvre financière suffisante pour faire face à une éventuelle hausse des mensualités.

La hausse des taux de crédit immobilier en France constitue une préoccupation majeure pour les emprunteurs. Les facteurs économiques et les décisions des banques centrales sont les principaux déterminants de cette évolution. Les conséquences sur le marché immobilier sont déjà visibles, avec une accessibilité réduite pour les acheteurs et une renégociation moins avantageuse pour les propriétaires existants. Les emprunteurs doivent s'adapter à cette nouvelle réalité et prendre des décisions éclairées pour garantir la viabilité de leurs projets immobiliers.





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